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L’année 2025 marque un tournant historique pour l’alternance en France avec la première baisse du nombre de nouveaux contrats d’apprentissage signés depuis dix ans. Après une période de croissance exceptionnelle portée par des importants dispositifs d’aides post-Covid, le secteur entre dans une phase de réajustement.
Baisse du nombre de nouveaux contrats d’apprentissage
Selon les données publiées par la Dares, 846 700 contrats d’apprentissage ont été signés en 2025, tous secteurs confondus (public et privés). Ce chiffre représente une diminution de 5% par rapport à l’année précédente, contrastant fortement avec la hausse de 4,5% observée en 2024.
Cette baisse s’explique principalement par deux facteurs : la diminution progressive des aides à l’embauche pour les entreprises, qui met fin à l’effet « dopant » des années précédentes, et un marché du travail moins dynamique pour les jeunes candidats.
Malgré ce recul, le volume global d’apprentis reste élevé : au 31 décembre 2025, la France comptait 1 017 493 contrats en cours, dépassant ainsi l’objectif gouvernemental du million d’apprentis fixé par Emmanuel Macron.
Des apprentis plus âgés et plus diplômés
Portée par les réformes de la loi « Avenir professionnel », l’offre de formations en apprentissage s’est largement ouverte et s’impose de plus en plus comme une voie de spécialisation ou de reconversion.
L’âge moyen à l’entrée en apprentissage est de 20,5 ans en 2025 et 57 % des nouveaux apprentis ont 20 ans ou plus.
Si 19,4 % des entrants n’ont initialement aucun diplôme, l’alternance mène majoritairement vers l’enseignement supérieur. En effet, 59 % des contrats visent un diplôme de niveau Bac+2 ou plus (en hausse par rapport à 2024).
Les formations de niveaux Bac+2 et Bac+3 marquent cependant le pas en 2025, tandis que les niveaux CAP, Bac et Master restent stables ou progressent.
Les PME et le secteur automobile, premiers employeurs d’apprentis
Les petites entreprises de moins de 10 salariés demeurent les principaux employeurs d’apprentis avec 44 % des nouveaux contrats en 2025. Au niveau géographique, l’Île-de-France reste le bassin d’emploi le plus important avec un quart des signatures à l’échelle nationale.
Parmi les secteurs d’activité, le « Commerce et réparation d’automobiles » domine toujours avec 22 % des contrats d’apprentissage signés en 2025. Le secteur « Hébergement-restauration » est toutefois le seul en progression sur l’année (+1 point par rapport à 2024), soulignant des besoins persistants en main-d’œuvre.
Quelles perspectives pour 2026 ?
L’incertitude plane sur l’année 2026, car les aides publiques pour les employeurs continuent de diminuer. Faute d’accord sur le budget, le gouvernement a tardé à préciser les contours de l’aide au recrutement en alternance pour l’année 2026. La mise place début mars d’un niveau dispositif basé sur une segmentation des aides – en fonction de la taille des entreprises et du diplôme préparé – pourrait accentuer la tendance à la baisse amorcée en 2025.



