Le contrat de professionnalisation est un contrat de travail en alternance qui mélange enseignement théorique dans un organisme de formation continue et périodes de mise en pratique au sein d’une entreprise.

Conclu entre un salarié et un employeur, il a pour objectif de permettre à l’étudiant de suivre une formation dans le but d’acquérir une qualification professionnelle reconnue. Cette formation sera sanctionnée par un diplôme d’Etat, un certificat de qualification professionnelle de branche ou interbranche, ou reconnue dans les classifications au sein d’une convention collective nationale.

Pour l’employeur, il permet de recruter de futurs collaborateurs en leur offrant une formation sur mesure aux métiers de l’entreprise tout en facilitant leur insertion professionnelle ou le retour à l’emploi.

Les publics cibles du contrat de professionnalisation

Le contrat de professionnalisation est ouvert aux jeunes âgés de 16 à 25 ans au moment du contrat qui souhaitent compléter leur formation initiale.

Peuvent également souscrire un contrat de professionnalisation, les  jeunes âgés de 16 à 25 ans n’ayant pas terminé leur premier cycle de l’enseignement secondaire et qui sont sans qualification professionnelle ainsi que les demandeurs d’emploi de 45 ans et plus.

Peuvent aussi signer un contrat de professionnalisation, les demandeurs d’emploi de 26 ans et plus y compris ceux qui présentent des difficultés à accéder à l’emploi tels que les candidats reconnus handicapés par la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH), et qui souhaitent acquérir d’autres qualifications que celles prévues habituellement.

Le contrat de professionnalisation peut aussi être souscrit par les bénéficiaires de minimas sociaux tels que le RSA (Revenu de Solidarité Active), l’ASS (Allocation de Solidarité Spécifique), AAH (Allocation aux Adultes Handicapés).

Les candidats ayant bénéficié d’un contrat aidé tel que le contrat unique d’insertion (CUI) peuvent aussi prétendre au contrat de professionnalisation.

Les entreprises signataires du contrat de professionnalisation

Toutes les entreprises du secteur privé assujetties au financement de la formation professionnelle continue peuvent embaucher en contrat de professionnalisation.

Peuvent aussi recourir à la professionnalisation, les entreprises du secteur public (à l’exception de l’Etat ainsi que des collectivités territoriales et leurs établissements publics à caractère administratif) notamment le secteur public industriel et commercial (comme la RATP, l’Office National des Forêts ou la SNCF), à condition qu’elles soient assujetties au financement de la formation professionnelle continue.

Les entreprises de travail temporaire peuvent également conclure des contrats de professionnalisation à durée déterminée.

Les entreprises d’armement maritime peuvent aussi recruter leurs personnels navigants en contrat de professionnalisation dans les conditions fixées par le décret n°2005-146 du 16 février 2005.

Les organismes de formation en contrat de professionnalisation

La formation générale, professionnelle et technologique du contrat de professionnalisation peut être assurée par l’entreprise elle-même ou un organisme de formation externe.

Lorsque la formation se déroule en interne, elle est assurée par le service de formation interne. L’entreprise doit alors disposer des moyens adéquats pour réaliser la formation(les locaux, le formateur et son planning de formation, les supports pédagogiques).Ces moyens doivent être distincts de ceux des services de production.

Dans le cadre d’une formation externe, la formation peut être assurée par:

– Toute personne physique qui souhaite devenir « formateur ». Il peut alors créer sa propre structure en tant qu’entrepreneur individuel ou auto-entrepreneur (EI, EURL). Il peut également officier en tant que formateur sous-traitant.

– un organisme de formation ayant le statut de personne morale (SARL, SCS, SASU, …).

Les diplômes ou titres accessibles en contrat de professionnalisation

Le contrat de professionnalisation a pour objectif « d’obtenir une qualification professionnelle reconnue qui est sanctionnée par un diplôme, un certificat de qualification professionnelle (CQP), ou reconnue dans les classifications d’une convention collective nationale (CCN) ».

Aussi, la formation en contrat de professionnalisation est validée par l’obtention :

  • d’un diplôme d’Etat du secondaire (niveau I) à l’enseignement supérieur (niveau V) : CAP, Bac pro, BTS, DUT, licence, master,…
  • d’un CQP inscrit au RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles) de branche ou interbranches
  • d’une qualification reconnue dans la classification d’une CCN de branche.

Quels types de contrat de travail en professionnalisation ?

Un contrat de professionnalisation peut être  signé en contrat à durée déterminée (CDD) ou en contrat à durée indéterminée (CDI).

En principe, la durée de ce CDD  est de 6 à 12 mois. Mais elle peut aller jusqu’à 24 mois pour certains candidats dits « prioritaires » :

  • les jeunes de 16 à 25 ans révolus n’ayant pas terminé leur second cycle et qui sont sans qualification professionnelle
  • les jeunes de 16 à 25 ans et les demandeurs d’emploi de plus de 26 ans qui figurent sur la liste des demandeurs d’emploi depuis plus d’1 an
  • les bénéficiaires de minimas sociaux et de contrat aidé

Dans le cadre d’un CDI, la formation débute par une période de professionnalisation de 6 à 24 mois qui correspond à la phase de formation en alternance.  A l’issue de cette période, le contrat se poursuit en CDI.

Le contrat de professionnalisation peut commencer par une période d’essai à mentionner impérativement dans le contrat. Elle doit être  fixée selon les dispositions prévues par le  Code du Travail qu’il s’agisse d’un CDD ou d’un CDI.

Le contrat de professionnalisation en durée déterminée est-il renouvelable ?

Le contrat de professionnalisation, s’il est à durée déterminée, peut être renouvelé une fois avec le même employeur dans les cas suivants :

  • l’alternant vise une seconde qualification supérieure ou complémentaire à la première
  • la qualification préparée n’a pas été atteinte à cause d’un échec à l’examen, adoption ou maternité, accident du travail, maladie ou défaillance de l’organisme de formation.

Un alternant peut-il conclure un contrat de professionnalisation au sein de plusieurs entreprises ?

Un alternant peut réaliser des périodes d’acquisition de savoir-faire dans plusieurs entreprises qui disposent des équipements ou techniques qui pourraient l’aider à compléter sa formation mais que son employeur actuel n’utilise pas.

Ainsi, une convention tripartite est signée entre les entreprises d’accueil, l’employeur et le salarié en contrat de professionnalisation. Le contenu de la convention ainsi que les modalités  de l’accueil sont fixés selon les dispositions des articles D6325-30 à D6325-32 du Code du Travail.

Comment s’effectue l’alternance ?

L’organisation de l’alternance en contrat de professionnalisation repose sur la désignation par l’employeur d’un « tuteur » chargé d’accompagner l’alternant dans le parcours de sa formation.

Si le contrat de professionnalisation comporte des périodes d’acquisition de savoir-faire dans plusieurs entreprises, chaque entreprise d’accueil désigne un tuteur.

Le tuteur assure également la liaison avec l’organisme ou le  service chargé de la formation en externe à travers des actions d’évaluation, d’accompagnement et de suivis.

Le tuteur est désigné parmi les salariés volontaires suffisamment qualifiés et expérimentés (au moins 2 années d’expérience) pour la qualification visée. L’employeur peut assurer le rôle de tuteur s’il remplit les conditions requises en termes de qualifications et d’expériences.

Le tuteur salarié peut accompagner au maximum 3 salariés en contrat de professionnalisation ou en périodes de professionnalisation. Si le tuteur est l’employeur, il ne peut accompagner que 2 salariés.

Durée de la formation en contrat de professionnalisation

La durée de la formation suivie en contrat de professionnalisation dépend de la qualification préparée. Elle est équivalente à au moins 150 heures par an.

La durée de la formation représente 15% à 25% :

  • de la durée totale du contrat à durée déterminée (CDD),
  • de la période de professionnalisation pour un contrat à durée indéterminée (CDI).

La période de professionnalisation correspond à la période d’alternance entre enseignements généraux et périodes de travail en entreprise.  Elle se situe au début d’un CDI et occupe toute la durée d’un CDD.

Une durée supérieure à 25% peut être appliquée par accord de branche pour certaines qualifications ou certains publics (candidats « prioritaires »).

Rémunération de l’alternant en contrat de professionnalisation

Le salarié en contrat de professionnalisation a le même statut qu’un salarié normal de l’entreprise et bénéficie donc des mêmes droits (repos hebdomadaire, congés, …). Le temps de travail, y compris le temps de formation, ne doit pas excéder la durée de travail applicable dans l’entreprise. Il doit également être conforme à certaines règlementations concernant les mineurs en contrat de professionnalisation.

La rémunération minimale légale est calculée en pourcentage du SMIC. Elle varie en fonction de l’âge et le niveau de formation initiale de l’alternant. Toutefois, des dispositions conventionnelles (la convention collective dont relève l’entreprise ou un accord de branche) peuvent prévoir une rémunération plus favorable pour le salarié.

Tableau des salaires minimum légaux calculés en pourcentage du SMIC suivant le niveau de formation ou de  qualification avant le contrat de professionnalisation

Titre ou diplôme professionnel inférieur au bac

Ou Titre ou diplôme non professionnel de niveau IV

Titre ou diplôme professionnel supérieur ou égal au bac

Ou Diplôme de l’enseignement supérieur

Moins de 21 ans 55% 65%
21 à 25 ans 70% 80%
26 ans et plus 100% du SMIC ou 85% du minimum conventionnel de branche (si plus favorable) 100% du SMIC ou 85% du minimum conventionnel de branche (si plus favorable)

 

Comment officialiser un contrat de professionnalisation ?

Dans un délai de 5 jours à partir de la conclusion du contrat (ou avant le début de l’exécution du contrat), l’employeur est tenu d’envoyer le contrat de professionnalisation accompagné du formulaire CERFA EJ20 dûment renseigné et signé à l’OPCA (Organisme Paritaire Collecteur Agréé).

L’OPCA dispose alors d’un délai de réponse de 20 jours au bout duquel il rend un avis sur la conformité du contrat et prend une décision sur la prise en charge financière de la formation.

Si la prise en charge financière a été refusée par l’OPCA, l’employeur et le salarié sont notifiés de cette décision.

Si l’OPCA est favorable à la conformité du contrat et la prise en charge financière de la formation, il dépose le contrat sous forme dématérialisée auprès de la Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi (DIRECCTE).

Dans quels cas peut-on rompre un contrat de professionnalisation

Un contrat de professionnalisation peut être rompu avant son terme dans les cas suivants :

  • licenciement économique selon l’article 1233-3
  • rupture du CDD à l’initiative de l’employeur prévu à l’article L. 1243-4
  • redressement ou liquidation judiciaire de l’entreprise.

L’employeur est alors tenu d’informer l’OPCA et la DIRECCTE dans un délai de 30 jours suivant la rupture.

L’employeur bénéficie-t-il d’aides financières à l’embauche ?

Le contrat de professionnalisation bénéficie de financements avantageux (notamment la prise en charge financière de la formation) de la part de l’OPCA.

L’entreprise peut également bénéficier  :

  • d’exonérations de charges sociales
  • d’exonérations spécifiques pour certains groupements d’employeurs (GEIQ)
  • d’une aide de l’Agefiph (Association de Gestion du Fonds de l’Insertion Professionnelle des Personnes Handicapées)
  • de l’aide à l’embauche d’un ultra-marin
  • d’un bonus/malus pour les entreprises de plus de 250 salariés dont le quota légal d’alternants dépasse 5%
  • d’une aide à l’embauche d’un demandeur d’emploi d’au moins 26 ans
  • d’une aide à l’embauche d’un demandeur d’emploi de 45ans et plus
  • d’une aide pour l’accompagnement personnalisé vers l’emploi dans les GEIQ (Groupement d’Employeurs pour l’Insertion et la Qualification)