Le gouvernement annonce 10 000 formations aux métiers du numérique

Dans le cadre du volet numérique du « Plan d’Investissement compétences » (PIC) voulu par le gouvernement dans l’objectif de former un million de demandeurs d’emploi et un million de jeunes peu qualifiés  éloignés du marché de l’emploi, la Ministre du travail Muriel Pénicaud a annoncé le financement de 10 000 formations aux métiers du numérique d’ici à 2019.

Des entreprises en manque de profils adaptés

La demande des professionnels des technologies numériques en emplois a cru de 4% par an ces 10 dernières années. Ainsi, « 80 000 postes ne sont pas pourvus, faute de profils adaptés », a souligné Samia Ghozlane, Directrice de la Grande école du numérique. Le secteur est donc recruteur, notamment dans les métiers de la maintenance des matériels, de l’exploitation et de la sécurité, ou du développement web.

Un plan pour l’inclusion

Face à ce gisement d’emplois, Muriel Pénicaud a annoncé le financement de 10 000 formations aux métiers du numérique d’ici fin 2019 par le PIC. « Dans le numérique, on ne traine pas sa valise d’échecs », a-t-elle souligné dans les locaux d’OVH, l’hébergeur internet installé à Roubaix. Ces formations seront mises en place pour accélérer l’accès des jeunes et des demandeurs d’emploi de niveau bac ou inférieur aux professions de ce secteur.

Le directeur général de Pôle emploi, Jean Bassères, a par ailleurs souligné la nécessité d’un travail de préparation pour persuader les entreprises de donner leurs chances à des personnes non qualifiées et pour convaincre les demandeurs d’emploi de saisir des opportunités qu’ils ne connaissent pas toujours.

Des mesures de soutien à la formation numérique

Le gouvernement prévoyait déjà la mise en place, pour toutes les entreprises qui souhaitent former un candidat, d’une aide spéciale « Métiers du numérique » qui sera délivrée par Pôle emploi.

Par ailleurs, une nouvelle aide devrait être également mise en place. Baptisée « aide au projet d’inclusion de compétences numériques », elle s’adressera à toutes les entreprises et prévoit la prise en charge des coûts de formation à hauteur maximale de 8 euros de l’heure tout en prenant en charge la rémunération des demandeurs d’emploi bénéficiaires des formations.

Des entreprises volontaires

L’événement de Roubaix était donc aussi l’occasion de rassembler des entrepreneurs prêts à jouer le jeu. Capgemini, Accenture ou Econocom, par exemple, ont pris l’engagement de soutenir ce plan en recrutant des stagiaires à l’issue de la formation. Certaines entreprises sont même déjà engagées dans ce type de démarche, à l’instar d’IBM France. Son directeur des ressources humaines, Bruno Després, pense que « la compétence, l’adaptation et la formation peuvent faire des miracles », et recherche des profils atypiques.

Pour Gilles Lecerf, responsable éducation & développement chez Linagora, éditeur de logiciels libres, « l’important est de proposer des formations immersives, au cœur des entreprises ». Il prévoit ainsi de former 250 personnes d’ici 2020 grâce au PIC, via l’Open Hackademy, une école Open Source.