|
Getting your Trinity Audio player ready...
|
Alors que les entreprises consacrent en moyenne 3,45 % de leur masse salariale à la formation professionnelle, le distanciel reste encore loin d’avoir trouvé toute sa place. Selon une étude publiée par Askalia et Edunao auprès de responsables et directeurs de formation, 80 % des organisations interrogées n’ont pas encore pleinement intégré l’apprentissage en ligne dans leur politique de développement des compétences.
Un constat d’autant plus significatif que le volume de formation recensé dans ces organisations atteint en moyenne 20 heures par collaborateur et par an. Dans un contexte de transformation des métiers, d’intégration de l’intelligence artificielle et de besoins croissants de formation continue, les auteurs de l’étude voient donc dans la formation à distance un important réservoir de performance encore inexploité.
Un ROI plus pédagogique que financier
Les entreprises qui se tournent vers le e-learning le font d’abord pour des raisons très concrètes : réduire les coûts par rapport au présentiel, limiter les déplacements ou gagner du temps.
Mais les bénéfices constatés ne sont pas nécessairement ceux qui étaient attendus. Ainsi, 40 % des répondants citent initialement le gain de temps pour les apprenants parmi leurs motivations, contre seulement 15 % lorsqu’ils évaluent ensuite les principaux bénéfices obtenus.
À l’usage, ce sont surtout l’engagement des collaborateurs, la diversification des méthodes pédagogiques et la rapidité de diffusion des formations qui ressortent. Les économies financières, pourtant recherchées au départ, figurent finalement parmi les bénéfices les moins cités à l’issue de la formation.
Des pratiques encore très proches du présentiel
L’étude relève que les formations à distance restent souvent proches du « présentiel filmé » : classes virtuelles, visioconférences et outils bureautiques généralistes occupent encore une place importante de l’offre en distanciel.
Des approches comme l’individualisation des parcours, l’adaptive learning, l’ancrage dans les situations de travail ou l’accompagnement continu restent moins développées.
Le potentiel du distanciel résiderait donc moins dans la simple mise en ligne des formations que dans la capacité à repenser leur conception pédagogique.
Un pilotage stratégique à renforcer
Les responsables formation interrogés placent parmi leurs principaux défis l’intégration de l’IA dans les processus métiers, l’adaptation aux transformations des professions et la montée en compétences continue.
Le pilotage de la formation numérique restant souvent partagé entre DRH et DSI, sans responsable clairement identifié, l’étude d’Askalia identifie ici un enjeu de gouvernance et plaide ainsi pour le développement de la fonction de « Chief Learning Officer », un poste à l’intersection de la pédagogie, de la technologie et des ressources humaines.
À mesure que les compétences deviennent un facteur clé d’adaptation des organisations, la formation à distance pourrait ainsi ne plus représenter seulement un moyen de former à moindre coût, mais un véritable outil de transformation des compétences.
Crédits photo : Sandwish 2176366664 AdobeStock



