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Malgré un poids non négligeable dans l’économie française (84 % des employeurs du secteur privé et 23 % des salariés en 2021), les TPE de moins de 10 salariés font largement moins appel à la formation professionnelle pour accompagner leur développement que les plus grosses entreprises.
En se basant sur la dernière Enquête Formation Employeur (EFE), le Céreq apporte son éclairage sur le recours des TPE à la formation professionnelle continue de leurs salariés.
Le recours à la formation varie selon la taille et le secteur d’activité
Le recours à la formation continue est fortement corrélé à la taille de l’entreprise. En 2021, seulement 25 % des TPE ont formé au moins un salarié, contre 62 % pour les entreprises de 10 à 49 salariés et 97 % pour celles de 250 salariés et plus. Cette tendance se confirme au sein même des TPE : le taux d’entreprises formatrices passe de 16 % pour celles avec un seul salarié à 46 % pour celles comptant entre 6 et 9 salariés.
Le secteur d’activité est un autre facteur déterminant du recours à la formation. Les TPE de la finance, de l’assurance et de l’immobilier affichent les taux de recours et d’accès à la formation les plus élevés (respectivement 43 % et 35 % d’entreprises formatrices). À l’inverse, des secteurs comme l’agriculture ou l’hébergement et la restauration sont nettement en retrait, avec des taux de recours très faibles (18 % et 14 %). Ces écarts s’expliquent en partie par des caractéristiques sociodémographiques (proportion d’employés, salariés seniors) qui influencent l’accès à la formation.
Des objectifs de formation similaires
Lorsqu’elles forment leurs salariés, les TPE poursuivent des objectifs similaires à ceux des grandes entreprises. La principale finalité est l’adaptation au poste de travail (56 %), suivie par la nécessité de répondre à des obligations réglementaires (33 %), particulièrement prégnantes dans les secteurs des transports, de l’immobilier ou de la construction. Les contenus des formations sont également dominés par l’acquisition de compétences techniques, bien que des compétences transversales comme le travail en équipe ou les compétences commerciales soient recherchées dans certains secteurs spécifiques.
Cependant, une distinction notable apparaît : lorsqu’une TPE décide de former, elle le fait de manière plus intensive. En moyenne, une TPE formatrice forme 59 % de ses salariés, un taux bien supérieur à celui des entreprises de 10 à 49 salariés (41 %). De plus, le nombre moyen d’heures de formation par stagiaire est de 40 heures dans les TPE, contre 27 heures dans les entreprises de 50 salariés et plus.
Le soutien des acteurs institutionnels
L‘accompagnement externe des TPE joue un rôle essentiel dans leur accès à la formation professionnelle. La sollicitation des services d’un Opérateur de Compétences (OPCO) est fortement corrélée à la probabilité de former, quel que soit le secteur d’activité.
Des dispositifs comme la Prestation de Conseil en Ressources Humaines (PCRH), pilotée par l’État via les DREETS et souvent portée par les OPCO, visent également à aider les TPE à structurer leur gestion des ressources humaines. Ce type d’accompagnement, qui a connu un fort engouement après la crise sanitaire, permet de réaliser un diagnostic et de co-construire un plan d’action pour améliorer la performance de l’entreprise.
Le renforcement de ces dispositifs d’accompagnement personnalisés apparaît comme un levier clé pour aider les TPE à mieux intégrer la formation professionnelle comme un outil stratégique de développement.
Consulter le communiqué complet du Céreq ici.
Crédit photos : F8 \ Suport Ukraine, AdobeStock



