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Après plusieurs années de hausse continue portée par une politique volontariste d’aides aux employeurs, le nombre de contrats en alternance connaît une baisse marquée qui devrait s’accentuer fin 2025. Selon une note de conjoncture publiée par l’Insee en septembre, environ 65 000 contrats en alternance pourraient disparaître au second semestre 2025. Une tendance qui s’explique principalement par la réduction des aides publiques accordées aux employeurs d’alternants.
L’impact de la réduction des aides publiques
Depuis 2017, près de 870 000 candidats ont signé un contrat d’alternance, grâce notamment à des politiques de soutien financier ambitieuses. Ces dispositifs, jugés coûteux par la Cour des comptes, ont été revus à la baisse pour des raisons budgétaires.
Après une première baisse début 2025, les primes versées aux employeurs ont de nouveau été réduites le 01 juillet et une contribution obligatoire de 750 euros a été instaurée pour les alternants préparant un diplôme de niveau bac+3 ou plus. En parallèle, l’aide à l’embauche a été diminuée : son montant est passé de 6 000 à 5 000 euros pour les PME et à 2 000 euros pour les grandes entreprises.
Une baisse entamée début 2025
La baisse du nombre de contrats en alternance est déjà visible dans les données officielles. Selon les derniers chiffres publiés par la Dares, 94 900 contrats d’apprentissage ont été signés au premier semestre 2025, soit une diminution de 1,4 % sur un an. Cette baisse est encore plus marquée pour les contrats de professionnalisation : 32 400 ont été enregistrés sur la même période, en recul de 11,5 % par rapport à 2024.
Avant même l’instauration de la nouvelle contribution obligatoire pour les employeurs, cette contraction se reflète déjà particulièrement dans l’enseignement supérieur : au premier semestre 2025, le nombre de contrats d’apprentissage de niveau bac+3 et plus a reculé de 6,7%.
Des conséquences sur le marché de l’emploi
L’augmentation des contrats en alternance avait contribué de manière significative à la diminution du chômage ces dernières années, représentant près d’un tiers de l’amélioration enregistrée. L’Insee anticipe donc une remontée du taux de chômage, qui s’élève déjà à 7,5 % au deuxième trimestre 2025.
Le calendrier universitaire accentue l’effet conjoncturel : les recrutements d’alternants se concentrent en septembre et octobre. Dans un climat économique incertain, marqué par des tensions politiques et un ralentissement des carnets de commandes, l’Insee s’inquiète que de nombreux employeurs préfèrent différer ou renoncer à ces embauches.
L’organisme évoque même un risque de destructions d’emplois inédites depuis une décennie, en dehors de la période exceptionnelle liée à la crise sanitaire.
Un signal pour les politiques de l’emploi ?
Le financement de l’alternance demeure un sujet sensible dans un contexte de contraintes budgétaires. Ce recul attendu de 65 000 postes interroge sur la pérennité du modèle actuel et sur l’équilibre à trouver entre maîtrise des dépenses publiques et soutien à l’emploi.
Crédits photo : YM Creative Studio, AdobeStock



