Le contrat d’apprentissage est un contrat de travail en alternance qui mélange enseignement théorique dans un organisme de formation et mise en pratique au sein d’une entreprise.

Conclu entre un employeur et un salarié, il a pour objectif de permettre le suivi d’une formation générale, théorique et pratique en vue d’acquérir une qualification professionnelle reconnue par un diplôme d’État ou un titre inscrit au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP)

Pour l’employeur, il permet de former un candidat aux métiers de l’entreprise en vue d’une embauche définitive tandis que l’apprenti prépare un diplôme ou un titre professionnel tout en facilitant son entrée dans le monde du travail. 

Les publics cibles du contrat d’apprentissage

Le contrat d’apprentissage est ouvert aux jeunes âgés de 16 à 25 ans au moment de la prise d’effet du contrat.

Les mineurs de 15 ans peuvent également souscrire un contrat d’apprentissage sur dérogation s’ils sont sortis du collège.

Les candidats à la reprise ou création d’une entreprise conditionnée à l’obtention d’un diplôme peuvent aussi signer un contrat d’apprentissage jusqu’à l’âge de 30 ans.

Le contrat d’apprentissage peut aussi être souscrit jusqu’à 30 ans si le contrat est consécutif à un précédent contrat d’apprentissage et conduit à un diplôme supérieur pour le candidat.

[Les jeunes de moins de 30 ans au plus peuvent désormais conclure à titre expérimental un contrat d’apprentissage dans 7 régions :Bretagne, Centre-Val de Loire, Bourgogne-Franche-Comté, Hauts-de-France, Grand Est, Pays de la Loire et Nouvelle-Aquitaine) depuis le 01/01/2017]

Les entreprises signataires du contrat d’apprentissage

Contrat d'apprentissage
Le recrutement en apprentissage est un vrai recrutement, et doit être considéré comme tel !
  • Toute les entreprises du secteur privé, y compris les associations, peut recruter en contrat d’apprentissage dès lors que l’employeur déclare prendre les mesures nécessaires à l’organisation de la formation. L’entreprise doit notamment garantir que l’équipement, les techniques utilisées, les conditions de travail, d’hygiène et de sécurité, les compétences professionnelles et pédagogiques du cadre d’apprentissage sont de nature à permettre une formation satisfaisante.
  • Le secteur public non industriel et commercial (dont la fonction publique) peut également recourir à l’apprentissage dans les conditions précisées par les articles L. 6227-1 à L. 6227-12 et D. 6271-1 à D. 6272-2 du code du travail.
  • Les entreprises de travail temporaire peuvent également conclure des contrats d’apprentissage dès lors qu’ils assurent à l’apprenti une formation professionnelle dispensée pour partie en entreprise dans le cadre des missions de travail temporaire et pour partie en CFA ou section d’apprentissage

Les organismes de formation en contrat d’apprentissage

La formation générale, théorique et pratique du contrat d’apprentissage est le plus souvent dispensée dans un Centre de Formation des Apprentis (CFA).

Dans certains cas, elle peut aussi être suivie dans :

  • Une Section d’Apprentissage (SA) : sections d’enseignement implantées dans un  établissement  de formation conventionnée avec un CFA en vue d’assurer la formation d’apprentis par délégation
  • Une Unité de Formation par l’Apprentissage (UFA) : section ouverte ponctuellement sur un cycle de formation pour répondre à un besoin précis de qualification exprimé par une entreprise ou un groupe d’entreprise.

Les diplômes accessibles en contrat d’apprentissage

L’apprentissage ouvre beaucoup de portes dans des domaines variés !

Le cadre légal définit que le contrat d’apprentissage a pour objectif premier d’ »acquérir une formation théorique et pratique en vue d’une qualification professionnelle reconnue et sanctionnée par un diplôme ou titre ».

Dans cette optique, la formation en contrat d’apprentissage doit obligatoirement être validée par l’obtention :

  • d’un diplôme d’état du secondaire (niveau I) à l’enseignement supérieur (niveau V) : CAP, BTS, Bac pro, DUT, licence, master, etc.
  • ou d’un titre professionnel enregistré au RNCP (Répertoire nationale des certifications professionnelles)

Comment s’effectue l’alternance ?

L’organisation de l’alternance en contrat d’apprentissage repose sur la désignation par l’entreprise d’un maître d’apprentissage qui aura charge d’accompagner l’apprenti dans sa formation à ses métiers, de diriger la mise en pratique des acquis théoriques et de l’aider à acquérir les compétences nécessaires à la préparation de son diplôme.

Ce maître d’apprentissage assure également la liaison avec l’organisme de formation à travers divers outils de suivis et d’évaluation.

Il peut être un salarié ou l’employeur lui-même et doit être suffisamment expérimenté (au moins 3 années d’expérience sur le poste) et qualifié pour assurer ce rôle (avoir un diplôme équivalent à celui préparé par l’apprenti).

 Durée de la formation en contrat d’apprentissage

La durée de la  formation suivie en contrat d’apprentissage ne peut être inférieure à 1 an.

La durée maximale de formation peut être porté jusqu’à 3 ans en fonction du type de métier ou du diplôme préparé.

Dans certains cas, cette durée peut aller de 6 mois à 1 an (en vue d’une VAE, pour l’obtention d’un diplôme équivalent ou de niveau inférieur, ou encore commencé sous un autre statut) ou rallongée jusqu’à 4 ans pour les travailleurs handicapés et en cas de redoublement ou d’échec à l’examen.

La durée annuelle minimale des formations dispensées dans le cadre d’un contrat dépend de la nature du diplôme préparé en contrat d’apprentissage :

  • 400 h / an pour la préparation de diplôme type CAP, BEP et BP
  • 675 h / an pour la préparation des BAC PRO  et BTS
  • pour les Mentions complémentaires (MC), la durée minimale est de 400 h / an ou celle du minima indiqué au référentiel de formation
  • pour tous les autres diplômes ou titres, la durée minimale correspond à celle du minima indiqué au référentiel de formation

Quels types de contrat de travail en apprentissage ?

Un contrat d’apprentissage peut être à signé en CDD (contrat à durée déterminée) ou conclu en CDI (contrat à durée indéterminée).

En principe, la durée du contrat est le plus souvent équivalente à la durée du cycle de formation de l’apprenti mais l’entreprise peut dépasser le cadre de la formation, notamment dans le but de préparer une préparer une embauche définitive.

Dans le cadre d’un CDI, la durée de formation du contrat d’apprentissage ne peut excéder 3 ans, 4 pour les apprentis handicapés ou en cas de redoublement/échec à l’examen.

Rémunération de l’apprenti en contrat

L’apprenti perçoit un salaire appelé « salaire apprenti » ou « salaire apprentissage ».

Il correspond à un pourcentage du SMIC (pour les moins de 21 ans) ou du Salaire Minimum Conventionnel (SMC) du poste occupé (pour les apprentis de plus de 21 ans).

Ce pourcentage varie en fonction de l’âge et de l’ancienneté de l’apprenti dans l’entreprise.

La rémunération peut être adaptée compte tenu de dispositions particulières. En cas de contrats successifs, elle doit au moins correspondre à la rémunération de l’année précédente qu’il s’agisse d’un nouveau contrat signé avec le même employeur ou un nouveau contrat signé avec un autre employeur.

Tableau des salaires apprentis calculés en pourcentage des SMIC au 1er janvier 2017 et suivant les dispositions de l’article D622-26 du Code du Travail

Année en contrat d’apprentissage Apprenti de 15 à 17 ans Apprenti de 18 à 20 ans Apprenti à partir de 21 ans
1ère année 25% 41% 53%
2ème année 37% 49% 65%
3ème année 53% 65% 78%

Comment officialiser un contrat d’apprentissage ?

Le contrat d’apprentissage doit être enregistré auprès de la chambre consulaire de laquelle dépend l’employeur.

Il revient à l’employeur d’envoyer le contrat d’apprentissage dûment visé par le CFA à la DIRECCTE ou à la Chambre de Commerce et d’Industrie, Chambre d’agriculture ou à la Chambre des métiers dans un délai de 5 jours qui suivent la conclusion du contrat.

 Dans quels cas peut-on rompre un contrat d’apprentissage ?

En principe, le contrat prend fin à son terme.

Toutefois, il peut être rompu à d’autres moments :

  • au cours des premiers 45 jours du contrat, l’employeur ou l’apprenti peut rompre le contrat sans justificatif précis.
  • au-delà de cette première période, on parle de rupture amiable à notifier par écrit au directeur du CFA.
  • en cas d’obtention du diplôme ou du titre avant le terme du contrat, l’apprenti met fin au contrat en notifiant l’employeur.

 L’apprenti a-t-il droit à des congés ?

Le salarié en contrat d’apprentissage a le même statut d’un salarié normal et jouit donc des mêmes droits. Il dispose de 30 jours de congés payés annuels à raison de 2,5 jours ouvrables de congé par mois travaillé.

L’apprenti bénéficie également de 5 jours de congé supplémentaires pour la préparation de ses examens en CFA ou à domicile.

Un apprenti peut-il conclure 2 contrats d’apprentissage en même temps ?

Un apprenti qui prépare 2 qualifications professionnelles différentes peut conclure des contrats d’apprentissage dans deux entreprises différentes.

Ainsi, le temps de travail doit être réparti dans les 2 entreprises et ne peut excéder le temps de formation pratique prévu. De plus, les 2 employeurs et l’apprenti conviendront d’un commun accord des modalités  de partage liées à l’alternance.

 L’employeur bénéficie-t-il d’aides financières à l’embauche ?

Des aides à l’embauche sont prévues pour les employeurs qui souhaitent recruter des apprentis.

Elles sont octroyées en fonction du nombre de salariés travaillant dans l’entreprise (moins de 11 salariés à plus de 250 salariés).

Tableau des entreprises bénéficiaires des aides à l’embauche en contrat d’apprentissage

Aides octroyées Moins de 11 salariés De 11 à 250 salariés Plus de 250 salariés
Prime à l’apprentissage pour les TPE Oui
TPE Jeunes apprentis Oui
Recrutement d’un apprenti supplémentaire Oui Oui
Crédit d’impôt Oui Oui Oui
Aide de l’Agefiph Oui Oui Oui
Exonération des charges sociales Oui Oui Oui
Déductions de la taxe d’apprentissage Oui Oui Oui